07.04.2009
abrogation de l’article L6221 du CESEDA!
La Ligue des droits de l'Homme de Tours, RESF 37, ChrétiensMigrants,Cimade, Emmaüs Touraine, Mouvement des Jeunes Socialistes 37, Parti Socialiste 37,Nouveau Parti Anticapitaliste 37, Secours Catholique, UNL 37, Les Verts Touraine
Si la solidarité devient
un délit, nous
demandons à
être poursuivis
pour ce délit !
Par une succession de lois toutes plus restrictives les unes que les autres, multipliant les obstacles à leur venue en France, limitant leurs droits à vivre en couple et en famille, la machine administrative fabrique à la chaîne les « sans papiers » dont elle organise méthodiquement et aveuglément l'enfermement, et l’expulsion. Cette politique dépourvue de tout sens de l’humain suscite dans la population française une réprobation grandissante. C’est pourquoi la loi de finances pour 2010, qui fixe un objectif de 28000 « reconduites à la frontière » veut dissuader les manifestations de solidarité en complétant ce dispositif par la programmation de 5500 interpellations « d'aidants ». Deux exemples :Le 18 février 2009, à 7 h 45 du matin, la police frappe à la porte d'une bénévole aux Restos du coeur et à l’association Terre d’errance. Depuis deux ans et demi, cette femme organise les dons de nourriture etd’habits pour les migrants qui errent autour de Calais dans l’espoir de passer en Angleterre. Elle recharge aussi leurs portables. Les policiers lui ont dit : « on vient vous chercher pour vous mettre en garde à vue,pour flagrant délit d’aide aux personnes en situation irrégulière ».L’interpellation le 16 février 2009 d’Hamid, un sanspapiers accueilli par la communauté Emmaüs de Marseille PointeRouge,s’est transformée le 17 février 2009, en opération policière dans cette communauté.Ainsi, sur décision du Parquet de Marseille une perquisition a eu lieu dans la dite communauté Emmaüs aux fins de recenser la présence d’éventuels compagnons sans papiers. Dans le même cadre, Kamel, un responsable de la communauté a été mis en garde à vue pendant 6 heures le 17 février.Ces faits s’ajoutent à une liste déjà longue de militants associatifs ou de citoyens ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité ou agi avec humanité à l’égard de migrants privés du droit au séjour. Alors demain, quels gestes du quotidien seront punis pour remplir les objectifs du Ministère de l’immigration ? Votre médecin serat il interpellé pour avoir soigné un sanspapiers malade, ou votre facteur pour lui avoir distribué son courrier ? L’instituteur de vos enfants serat il inquiété pour avoir appris à lire à un enfant dont les parents sont en situation irrégulière ?Nous sommes tous concernés : parce qu’avant d’être « sanspapiers», ces hommes, ces femmes et ces enfants sont des personnes en difficulté, isolées et démunies et il est de notre devoir de citoyen de les aider dans la dignité et le respect dû à chaque être humain, tout en sachant qu’aujourd’hui, en France, accueillir,accompagner ou simplement aider une personne sans papiers est devenu un délit, comme le précise l’article L6221 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) : « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France sera puni d’un emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 30 000 euros».
Pour que la solidarité
ne soit plus un délit,
abrogation de
l’article L6221
du CESEDA!
Mercredi 8 avril 2009, comme partout en France, nous vous donnons rendez vous à 14 h devant le palais de Justice de Tours, Place Jean Jaurès pour nous constituer comme prisonniers volontaires, affirmant avoir, un jour, aidé un homme ou une femme sanspapiers en difficulté.
22:57 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actu, sans papier, retention, asile, police, tribunal, loi, rassemblement, expulsion, justice
25.09.2008
« La police, des gens expulsés et une gare, ça ne rappelle rien ? »
José Vieira est auteur de documentaires. La semaine dernière, il a proposé à Rue89 de raconter l’expulsion de Roms à laquelle il a assisté en gare de Massy-Palaiseau (dans l’Essonne, banlieue sud de Paris), le 17 septembre. Voici son récit et ses photos.
L’expulsion des Roms qui habitaient sur le parking de la gare de Massy-Palaiseau était prévue pour le 16 septembre. La préfecture, pudique, a-t-elle voulu attendre la fin du premier sommet européen sur les Roms pour déclencher son opération ? Toujours est-il que l’expulsion a lieu le lendemain, le 17 septembre 2008.
Le commandant de la police de Palaiseau avait annoncé aux Roms qui manifestaient le 15 septembre devant la sous-préfecture que le lendemain il les mettraient dans le train. « Pour aller où ? », lui demandaient les habitants du parking. L’officier de police leur rétorqua que cette question n’était pas de son ressort. Les ordres étaient formels, il devait les faire déguerpir du secteur. « Pour aller où ? », insistaient les Roms. A Bobigny, leur proposa le commandant, comme s’il faisait un bon mot.
Déjà des baraques rasées au bulldozer
Le 17 septembre, la police a encerclé le camp. La préfecture avait envoyé des agents de la DDASS chargés de recenser ceux qui pouvaient prétendre à un hébergement d’urgence. La DDASS, qui n’avait jamais mis le pied par ici pour s’inquiéter de la situation sanitaire, improvisa et cafouilla.
Quelques familles, avec des femmes enceintes et des enfants de moins d’un an, furent hébergés pour quelques jours. Dans une semaine, ils iront rejoindre d’autres camps déjà formés. En attendant, un minicar les amène par petits groupes à la maison des solidarités de Palaiseau, qui jusqu’ici a refusé d’écouter une quelconque doléance concernant les habitants du parking de la gare RER.
Les familles qui n’avaient pas d’hébergement, de loin les plus nombreuses, étaient retenues au bout du parking, encerclées par les CRS et les policiers. Sur le parking, le bulldozer avait déjà rasé les quelques baraques qui avaient été construites récemment et commencé à nettoyer le terrain. Les CRS formaient maintenant un cordon jusqu’à la passerelle de la gare de Massy-Palaiseau.
« A la gare », cria le commandant de police. Les habitants du parking, chargés de sacs et de valises, se mirent lentement en route. Des enfants criaient, des hommes chantaient. Au pied de la passerelle, avant d’entrer dans la gare, il y a eu un arrêt. Un refus d’avancer. Des hommes criaient leur indignation d’être ainsi traités, humiliés. Je me souviens que j’ai dit à un CRS :
« Des policiers, des gens avec des valises et une gare, ça vous rappelle rien ? »
« A la gare », répétait inlassablement le commandant de police. Puisque deux familles devaient être prises en charge à Corbeil par le 115 et qu’une majorité d’habitants du parking avait décidé de s’y rendre pour tenter d’être hébergés, le commandant en profita pour obliger les Tziganes à prendre le train pour Corbeil-Essonnes et ainsi à déguerpir du coin. Tout le monde se retrouva sur le quai du RER C à destination de Corbeil, via Juvisy.
Sur le quai, avec, en fond, cette passerelle en travaux qui ressemble étrangement à un mirador, les images étaient chargées de symboles (les Tsiganes ont été exterminés par les Nazis. L’Etat français, qui a reconnu sa responsabilité dans la Shoah, continue de l’éluder pour ce qui est du Samudaripen, le génocide des Tsiganes.).
Des femmes donnant le sein à leur bébé, assises sur des valises, des enfants qui n’avaient que les sacs et les baluchons pour jouer, des familles entières sur un quai de gare encerclées par la police qui les obligea à monter dans un train. Le RER qui rentra en gare était bleu, blanc, rouge et assorti aux uniformes des policiers qui veillaient à ce que personne ne rate le train.
Le convoi partit de la gare RER C de Massy Palaiseau. A la première station, à Longjumeau, des gens ont voulu descendre du train. Aussitôt, des policiers, ont sauté du train pour les en empêcher. A la correspondance de Juvisy, un groupe qui avait réussi à sortir de la gare a été rattrapé, empêché de monter dans un bus et remis dans le train pour Corbeil.
Une soixantaine d’hommes, de femmes et d’enfants, chargés de sacs et de valises, encadrés par des policiers et guidés par des agents de la SNCF, en plein jour, cela n’émouvait pas grand monde. L’illégalité était là, évidente. Plusieurs fois, je l’ai dit à des policiers ou à des agents de la SNCF. Je l’ai dit à des policiers qui patrouillaient dans le train et qui disaient n’avoir rien à voir avec l’opération.
Ils m’ont dit que j’avais raison, que c’était illégal, qu’ils ne voulaient pas être filmés et ils ont fermé la porte du wagon. Je l’ai signalé à un agent zélé de la SNCF qui m’a dit qu’il rendait service. Je lui ai répété qu’il participait à une opération illégale, il m’a dit qu’il obéissait aux ordres.
Tout le monde disait obéir aux ordres. Les policiers, les agents de la SNCF. Les ordres venaient, paraît-il, de la préfecture. La police qui avait ordre d’expulser avait-elle ordre d’obliger les Roms à prendre le train ? Depuis quand la SNCF offre-t-elle ses trains et le service de ses agents aux forces de l’ordre ? Jusqu’où cette collaboration est-elle légale ?
Aucune question, aucune compassion
J’ai vu une jeune journaliste qui travaille pour un quotidien voir ce que j’ai vu au départ de la gare de Massy Palaiseau et ne rien dire dans son article sur l’ignominie à laquelle elle a assisté.
A part quelques rares passants, je n’ai entendu aucune question, aucune compassion. Pas un cri de solidarité. J’ai vu des regards hostiles mais surtout la plupart des voyageurs ne semblent pas touchés par ces images. Les Roms de Roumanie sont les étrangers de tout le monde. Les regards se détournent. Les voyageurs qui descendent s’empressent de descendre, ceux qui montent évitent les wagons où s’entassent les Tziganes.

Une fois tous les bagages trimballés pour aller devant le 115 (Croix-Rouge) de l’Essonne, seule une famille sur les trois prévues a pu obtenir un hébergement. Pour les autres, rien. La mairie de Corbeil a envoyé un camion avec trois employés municipaux. Ils ont déchargé des barrières de protection et puis s’en sont allés. La police est passée, le gradé a déclaré « tout est plein dans le coin » et, ne constatant pas de trouble à l’ordre public, s’en est allé. La police municipale de Corbeil, après avoir escorté le cortège de la gare à la Croix-Rouge, observa la situation puis s’en alla.
Deux types, avec un look très passe-partout, se présentant d’emblée comme deux agents des Renseignement généraux (j’ai pas retenu le nouveau nom du service), ont vite vu qu’il n’y avait pas grand chose à pêcher et s’en allèrent. La Croix-Rouge a offert une espèce de repas…
Un premier groupe se mit en route vers la gare. Une heure plus tard, le dernier groupe qui quitta les lieux -malgré l’assurance de la police qui annonça qu’ils pouvaient s’installer dans le secteur pour la nuit- fut empêché de descendre à toutes les gares jusqu’à la gare du Nord, ultime destination où ils ont enfin pu dormir, dehors, allongés sur les tentes qu’ils ne pouvaient pas déployer pour la nuit…
Photo : expulsion des Roms du parking de la gare de Massy-Palaiseau le 17 septembre (José Vieira).
08:56 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : immigres, rom, police, expulsion, gare, essonne, croix rouge
14.03.2008
Désobéissance vous avez dit?
11:09 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : désobéissances, militant, stage, manifestation, police, activiste, non violente
comment désobeir?
11:04 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stage, militant, actions, manifestation, police

« Des policiers, des gens avec des valises et une gare, ça vous rappelle rien ? »